Résonance

Au creux du petit matin
dans la chaleur couette
mes bras dessinent ta présence
Tout de moi frémit de toi

Dans la ville agitée
de la foule humaine indifférente
mes mains caressent l’invisible
Tout de moi frisonne de toi

Dans le choc des images d’un monde qui saigne
dans le vide des regards qui ne savent plus pleurer
mes mots se dérobent désarticulés
Tout de moi s’accroche à toi

Dans l’odeur sucrée du gardénia
dans la luciole qui imite l’étoile
mes images guettent ton sourire
Tout de moi communie avec toi

Dans la gouaille du clochard aviné
dans la pupille dilatée de celui qui veut oublier
mes lèvres bafouillent l’impuissance
Tout de moi se révolte en toi

Dans cette glaise qui enfante
dans cette chair qui éclate
mes émotions n’épuisent pas le désir
Tout de moi respire en toi

Par ton cœur d’union libre
par ton esprit partage en humanité
par ton âme désirante de l’inconnue lumière
Tout du monde sensible résonne en moi

 

 

 

Caresser un rêve

J’ai caressé un rêve
doucement
il a frissonné
s’est ébroué
m’a saupoudrée d’une pluie d’images

Sur la ligne d’horizon
il me regarde
de cette présence dans l’absence
comme un scintillement dans la nuit qui vacille
comme une odeur indéfinissable à absorber

Au loin dans l’avenir
je le regarde
jour après jour il donne
une plénitude au vide
une épaisseur au désir
une chair aux mots
un corps à l’écriture

ENVOI

Caressons nos rêves
laissons-les s’épandre
en gouttelettes vivifiantes
dans nos têtes et nos cœurs
pour qu’en images mots et actions
se régénère notre si fragile Humanité

 

 

Penser la suite …

L’envers du temps s’étire
l’oubli s’installe

Que retenir
que tenir encore
en ce corps
qui se souvient
de l’inévitable usure
puisant dans un présent
les précieuses pépites
du moment
glanant dans le réservoir
du cherchant
un savoir
dégageant dans le Mystère
un sens
à l’univers

Que délester
pour alléger encore
cette âme
feu follet dans la nuit
qui poursuit
son interminable spirale
chaloupante sur les ondes vagabondes
d’un espace et d’un temps

Que dissoudre
de cet égo qui se considère
pensant
et tourneboule
dans un monde de concepts illusoires

Que vive ce silence des profondeurs
dansant sur les rondeurs
de l’éphémère instant