Peur

Là-bas        tout là-bas
Sur la ligne qui suit l’horizon
Il est un enfant qui court dans les nuages
Il habite les étoiles et les constellations
Il court depuis toujours pour échapper à la peur qui le poursuit
La peur souveraine        harcelante           ricanante

L’enfant fuit la peur
Les petits qui se moquent
Et les grands qui le traquent
Et les ombres qui le poursuivent

L’enfant veut vivre
Il cherche le courage
         pour faire face
Il cherche l’audace
         pour se battre

Enfant qui court    dans les nuages
Enfant qui fuit       la peur

Là-bas        tout là-bas
Sur la ligne qui suit l’horizon
Il est un géant en arrêt sur les nuages
Il a soulevé l’enfant
En le secouant
Il a fait tomber     la peur
Il a marché dessus        pour l’écraser

L’enfant s’est endormi    soulagé

Il rêve

Il rêve d’un enfant
qui court dans les nuages
et écrit dans le ciel
avec la queue d’une comète
                Je n’ai plus peur

 

 

Enfant de la terre et du ciel

« L’infini n’est autre que le va-et-vient
entre ce qui s’offre et ce qui se cherche. »

François Cheng

Amalgame de poussière d’étoiles
munie d’un implant de divin
suis sortie de la nuit
un doigt sur les lèvres

Dans la terre
des racines ai ancré
le tronc s’est incliné
par la pesanteur courbé

Le travail de la fourmi ai regardé
le murmure des pierres écouté 
la beauté qui frémit admiré
les vivants et la vie aimé

Vers le ciel par la lumière attirée
me suis redressée
nuages et couchers de soleil contemplé
et les ailes de Mercure chaussé

Je trace des mots des mots des mots
les jette à tous vents
interroge le sens
cherche la quintessence

scrute l’envol

une lueur éclaire la force fragile des chercheurs d’Infini
un souffle d’espoir gonfle la voile en partance
au bout de l’horizon
l’Inconnu se reconnaît et se lève

A l’Uni-vers
fusionne…

 

©NASA/JPL-caltech/PAC

L’écrit vain ou les vingt cris

Le corps sage
dans son corsage
elle n’avait d’yeux
que pour son dieu

un être ange étrange
au visage de vie sage
qu’elle envisageait
héros d’air et d’eau

tous deux
en apprentis sages
se guérissaient
de leurs gais rires

abandonnant les doux leurres
les idées au logis
au jardin plantèrent des chrysanthèmes
criant : t’aime