Limites

J’ai un cœur trop grand
comprimé dans un carcan

Mon amour généreux embrasse
et sur le mur de ses préjugés trépasse

Mon amour la liberté proclame
et devant un cœur libéré condamne

Mon amour de sa générosité se congratule
et devant tes gestes capitule

Mon amour est dans ses idées grand infiniment
et dans ses actions petit éminemment

Mon amour aime d’amour dépossédé
et cherche ton sentiment enchaîner

Mon amour en son jardin veut plusieurs amours cultiver
et les empêche de pousser ne sachant arracher l’ivraie

Mon amour voudrait ses ailes déployer
et qu’il les avait coupées a oublié

Mon amour rêve d’un amour océan
débordant pour rompre le carcan

Et toi mon amour mon semblable

Ah ! tu es à mon image
un humain inhumain de passage

 

 

Fut-il ?

Ma vie fut-elle futile 
se demandait-il
dans le rai de lumière
de l’orée du bois

Un divin devin vint
du fond du ravin
lui dit mais en vain
que la vie est ce que l’on en fait

Insatisfait de la parole
qu’il jugea frivole
il passa outre
comme un jean-foutre

Si la vie est ce que l’on en fait
l’effet serait parfait
et la question du début
serait mise au rebut

Or elle le taraudait
comme un taureau rodant en un fut
Ma vie fut-elle futile 
Répétait-il atrabile

Elle fut et tu es
dit une voix futée

La réponse lui plut
il sortit le taureau du fut
l’enfourcha et chut
et se tut ou se tue

Etre ou ne pas être
est toujours LA question

 

Résonance

Au creux du petit matin
dans la chaleur couette
mes bras dessinent ta présence
Tout de moi frémit de toi

Dans la ville agitée
de la foule humaine indifférente
mes mains caressent l’invisible
Tout de moi frisonne de toi

Dans le choc des images d’un monde qui saigne
dans le vide des regards qui ne savent plus pleurer
mes mots se dérobent désarticulés
Tout de moi s’accroche à toi

Dans l’odeur sucrée du gardénia
dans la luciole qui imite l’étoile
mes images guettent ton sourire
Tout de moi communie avec toi

Dans la gouaille du clochard aviné
dans la pupille dilatée de celui qui veut oublier
mes lèvres bafouillent l’impuissance
Tout de moi se révolte en toi

Dans cette glaise qui enfante
dans cette chair qui éclate
mes émotions n’épuisent pas le désir
Tout de moi respire en toi

Par ton cœur d’union libre
par ton esprit partage en humanité
par ton âme désirante de l’inconnue lumière
Tout du monde sensible résonne en moi