Jardin secret

« Sera comblé celui pour qui l’espace ne sera pas dehors. » Eugène Guillevic

Il est un endroit secret
que chacun doit préserver
c’est le jardin secret
lieu de l’intimité

Il se situe au cœur du privé
relié à toutes les mémoires
futur présent au passé oublié à revisiter
dépôt d’un indicible jeu en miroir

Le jardin est hanté par l’enfant que nous fûmes
venu parmi les humains nanti d’un destin
nous venons près de lui chercher refuge
dans les moments incertains

Le jardin de chacun se remplit
au fil des années de rêves avortés
d’œufs enrubannés méticuleusement couvés
d’amours en bouton et des roséros fanées

À certains moments trop rares du vécu
la porte du jardin s’ouvre à la rencontre de l’inconnu
dont l’énergie résonne avec ce qui est caché
éclairant une part d’ombre anesthésiée

Le jardin habité de silence profond
accouchent les mots d’une pensée fleur
empreinte de son mystère sans fond
intuition d’une esquisse à remplir de couleur

Le jardin secret rayonne d’un nouveau soleil
où germent de nouvelles graines
elles se relient aux étoiles du ciel
et emmènent les rêves vers l’éveil

La plume du vent

« Lorsqu’on écrit, il s’agit de passer d’une impossibilité à force d’intention à une potentialité à force d’abandon. » Cédric Migard

La plume du vent
écrit dans le ciel serein
à l’encre sympathique
les vœux des humains

Les pensées deviennent
vivantes dans l’invisible
elles s’élèvent dans le ciel
rencontrer l’Éternel

Une alchimie opère
au grand jour par le soleil et sa lumière
à la nuit noire dans l’astral mystère
dans le vaste creuset de l’Univers

La réponse se mature
dans l’harmonie de l’alignement
de ce qui est en haut et ce qui est en bas
elle s’écrit dans le ciel au levant

À l’encre sympathique de la plume du vent

De l’inassouvie

« L’éclair de l’instant
crée l’éternité de l’autre côté du temps. »
Roberto Juarroz – Poésie Verticale

Il existe une fuite
dans l’écoulement du temps 
un trou qui se remplit d’un présent 
avalant les lourdeurs inscrites

Allégé des charges conventionnelles  
place est donnée
à un néant habité d’essentiel 
un rien contenant le tout 

Espace étroit et immense
où la mémoire fait le vide
elle pénètre à l’intérieur du temps 
pour naître à l’Être dans l’existant

L’existant sans le temps est l’inexistant
celui de la contemplation
il invite à l’entrée dans l’instant
au cœur du temple de la vibration 

L’appel des bruits de la vie
brouillent ces moments d’euphorie
l’aspiration vers la sortie
laisse une trace indélébile d’inassouvie

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