En ce printemps

En ce printemps
sur la mer
les eaux du bas et les eaux du haut se regardent
les mille miroirs des eaux du bas scintillent
de la lumière de celles du haut
à l’horizon elles se rejoignent
formant cette alliance du fini et de l’infini

En ce printemps
sur la terre
la lumière a réchauffé l’humus
perfusant le vivant
bourgeons et fleurs explosent
exposant leurs multiples couleurs
attirant les insectes fécondant

En ce printemps
sur la planète
la nature a enfanté
un minuscule virus
ruse de la vie mortifère
qui prolifère infecte affecte
les humains démunis

En ce printemps
en chaque parcelle de vivant
la mort et la vie se chuchotent
leur indivis
la vie enfante le fini
la mort emporte vers l’infini
jusqu’à la nuit des temps il en sera ainsi

Jour nouveau

Parfois la vie se chiffonne
repliée dans un de ses plis
un temps ataraxique m’engourdit

prisonnière volontaire 
je bulle plane tangue m’ébroue 
délire de délitement en un songe qui ne finit pas

éprise de vacuité
je meurs à l’inutile
je m’éloigne

dans ce ralenti du temps
être un bout du tout dans un méandre de l’Immense
re-naître bout du tout dans ce replis du néant

déchiffonner la vie
repasser les rides du passé
les ranger dans la fosse de l’oubli

le merle a sifflé
je m’éveille
un jour nouveau commence

photo : extrait d’une fresque du Fort de Bikaner (Rajasthan)

La parole invisible

Il est un temps pour écouter
l’air et le vent
le ciel et la mer

ils content les voyages
aux confins de l’infini
des mondes grands et petits

dans un temps immobile
un va et vient de souffle
t’inonde d’intensité

un présent absent
se noue et dénoue
une paix intérieure se tisse

le silence te relie à la parole invisible
celle qui fut avant et sera après

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