Éphémères

Nous sommes pareils à des crapauds qui dans l’austère nuit des marais s’appellent et ne se voient pas,
ployant à leur cri d’amour toute la fatalité de l’univers.
René Char

J’écris avec des mots différents
et des approches un tantinet autres
un même contenu parcours d’une même quête

Parfois
ces pensées
sont discours intellectuels
émis par une raison raisonnante

Parfois
une intuition profonde
enfante dans mon cœur une voie
qui résonne dans mon âme

et au-delà de mon âme

dans un univers qui contient
ce que nous sommes en germe
et l’évolution de ce que nous deviendrons
dans les siècles et les siècles
ainsi soit-il

N’oublions pas ô Humains 
que notre univers a 14 milliards d’années
notre planète en danger 4,5 milliards
et l’Homo sapiens 300 000 ans

Nous sommes encore telles les éphémères
des chrysalides en métamorphose
dans le ventre d’un univers en évolution

TAO ou la voie

« La parole conduit au silence
Autant en pénétrer le sens »
Le Tao te king (5) – Lao Tseu –

Le marcheur libre met ses pas
sur la voie qui serpente à l’ombre

Il emprunte la trace
et empreinte la sienne

Il avance solitaire vers le soleil couchant

Il interroge le Mystère du ciel intérieur
qui paraît quand la lumière se masque

Le mouvement le porte et l’agit

Sa pensée désire l’espace le plus vaste

Il va jusqu’à la source où l’on ne sait pas
solliciter la profondeur de la nuit
écouter le souffle du vide

Il se pose et dépose
se lie et délie
conjugue et dépasse les opposés
se dissout dans le silence

Nina

« Deviens ce que tu es » Aphorisme de Nietzsche emprunté à Pindare

Je suis Nina la petite fille
je vole dans le ciel en tutu blanc sur les ailes des dieux difformes
je m’enivre de désir sauvage en respirant l’odeur de terre et d’herbe coupée
je danse avec la pluie aux mille pieds qui martèle les briques de la cour

De la cave au grenier
de la rue au bout du jardin
dans les nuages et le cimetière
je cherche parmi les âmes errantes
mon ombre

Un ange est venu vers moi

Je suis ton ombre
l’ombre du soleil et l’ombre de la lune
je t’accompagnerai toujours
je veillerai sur toi

Je t’attendais
Prête-moi tes ailes

Je suis Nina
la petite fille perdue dans ta mémoire
je suis dissoute en toi
je suis cette ombre qui veille attachée à tes pas
je te parle dans tes rêves
ma tristesse est devenue ta révolte et ta colère

Je suis l’ombre du soleil et l’ombre de la nuit
celle de lumière et celle des ténèbres
je te regarde devenir
Femme de chair et d’os
qui avance les yeux grands ouverts

L’Amour est l’unité et la source

Extrait de « La Femme de chair et d’os » – création 2013

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