La pâque

J’ai écarté les lèvres de l’eau et
plongé dans son ombre

sur la montagne
l’aigle sur les courants de l’air m’a bercée

au cœur de l’orage
la foudre m’a vivifiée

dans le ventre de la grotte
le chant humide des roches m’a émue

et ce fut la pâque

la Beauté de l’Amour et
l’Amour de la Beauté
se sont fécondés

dehors le bruit du monde vomissait
désarroi absurdité cupidité pouvoir

puis

le silence dans les oreilles
l’obscurité dans les yeux
le sauvage dans la bouche
la liberté dans les narines
la terre dans les mains

Je dormis trois nuits
passage de trois pas sages

Au réveil…
Pourquoi me suis-je réveillée ?

photo : Port Lligat : maison de Savador Dali

 La vie est un songe

La vie est un songe
beau songe et mensonge
aimant songe qui ensonge
une traîne qui entraîne
un sort qui ensorcelle
une tour qui entoure
un lien qui aliène

L’esprit est prisonnier
des mots appris
des mots qui dansent
sarabandes sans repos
ronde infernale
les mots fabriquent le songe
se rongent les sens
épongent le mensonge
cherchant parfois
le sens de la vie

La vie reste un songe
que l’âme prolonge
dans le feu de l’Amour

Instant en présent

Silence dense
chant d’un oiseau
rafale de vent par instant
bourdonnement d’une guêpe
sons de la vallée étouffés
oiseaux en concert
jouent tour à tour leur partition
le torrent fait la basse
contre-point de l’avion
les herbes dansent
le forsythia frisonne
les nuages se coursent
le soleil donne à chacun sa transparence

la nature se réveille
l’énergie condensée
s’apprête à exploser
dans chaque tige
dans chaque branche

partout
le grouillement
le bourdonnement
le chuchotement
le fusionnement
l’enchantement

l’éclosion d’un printemps
un printemps parmi d’autres
si semblable
si nouveau
instant de paix
don de cette nature
moment de grâce
d’harmonie

et bonne nouvelle
c’est gratuit !

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