Dans la douleur

« Demeure en deçà des paroles, fouille en toi plus profond, jusqu’à cette lueur qui tremble. » Pierre Gabriel

L’ombre avait réclamé son salaire
affirmant sa toute-puissance
aspirant son énergie salutaire
oubliant de l’Amour la rayonnante radiance

Dans la douleur l’invisible mâture
la distance élargit les ailes                 
des segments arrachés bouturent
dans les terres d’univers parallèles

L’écoute du silence soyeux
a ouvert vers un autre espace les voiles
où le Parleur Silencieux
initie à la langue des étoiles

L’intrication des âmes mêlées
dans un ailleurs proche ou lointain
par la force de l’agissante pensée
se reconnaîtront c’est certain

Les étincelles couvent sous la cendre
prêtes à allumer le feu du renouveau
des consciences en reliance
pour féconder des nouveaux terreaux

Pénétrer

« Il faut du temps pour apprendre. Il faut tellement de temps pour s’atteindre. » Christian Bobin – La part manquante

Sorti de la nuit noire de l’âme
le poème a ouvert son flux
aux mots jaillis des interstices
du monde des forces signifiantes

une main a écrit

Pénètre
naître à la paix de l’être …
nais à la paix de ton être
cherche la lumière

Lumière du ciel
pénètre le cœur de l’être
dans la musique du silence
enseigne les voyelles

Voyelles chuchotées par les anges
qui chantent les voies de EL
vibration dans le cœur de chacun
d’une muette présence

Présence d’une source invisible
qui s’éveille dans le dépouillement
d’un cœur ouvert à la conscience
d’une subtile et pénétrante paix

À cœur ouvert

« Si nous habitons un éclair, il est le cœur de l’éternel. » René Char

Le cœur ne peut cesser d’aimer
le jour a beau se perdre
et les années se suivre
le cœur bat toujours

Lui qui écoute
fuir le temps
et couler l’eau et le sang
le cœur vit toujours

Sur la grève un forain magicien
cracheur du feu intérieur
en costume rapiécé
divertit toujours
et ce guérisseur chamanique
enflammé comme une comète
la bouche cruellement brulé
rappelle ce cœur
qui n’a pas la force de cesser d’aimer
et qui s’obstine à vivre
dieu sait pourquoi

Si fragile et si menu
il ne respire pas
il tremble

Et semble si délabré
sous le poids des ruines de l’indifférence
bancs de sable mer estuaire

Le cœur continue de battre
il ne cédera pas sous l’injonction
le feu ne le consumera pas
ce cœur bat dans l’autre monde

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