Tous les articles par Brigitte Deruy

En haut et en bas

La parole des sages
comme les étourneaux en bande
atterrissent sur les villes et les campagnes
les mots
pénètrent les esprits
touchent les corps
épanouissent les âmes
créant trouble et paix

La terre bruit
ses lèvres de glaise prononcent des oracles
maudissant les humains qui l’empoisonnent
réveillant les forces obscures du pentacle

Un goutte à goutte de mots d’amour
irrigue les cœurs desséchés
coincés dans des coffres-forts
remplis de monnaie dématérialisée

Ils ont tout perdu la guerre leur a tout pris
Ils ne possèdent rien pas même une trace de leur existence
Ils dorment dans la rue mangent dans les poubelles
Ils prennent la drogue ou la pirogue  de l’espoir
pour un ailleurs meilleur

Dans le cosmos des étoiles mortes
montrent encore le chemin
bouées dans le chaos
elles creusent le temps et l’espace

En haut et en bas
en ombre et lumière
le mouvement des mondes s’interpénètre

Trouver l’Unité pour donner le sens

A vol d’oiseau

Comme l’oiseau sur la branche
il pratiquait la politique de l’autruche
poussant des cris d’orfraie
répétant comme un perroquet
ce chant du cygne :

Une hirondelle ne fait pas le printemps

Cesse de faire le pied de grue
de bailler aux corneilles
tête de linotte
dit le vieux hibou
sois chouette
fier comme le paon
innocent comme la colombe
tu bavardes comme une pie
tu siffles comme un merle
bientôt tu seras le dindon de la farce
oiseau de mauvaise augure

Vole plutôt de tes propres ailes
vers le miroir aux alouettes
va chercher l’oiseau rare
ce drôle d’oiseau
gai comme un pinson
celui qui se brûle les ailes
Va chercher le Phénix
Hôte de ces bois …

Il se sentit pousser des ailes
et partit sans laisser de plumes

Ciel

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Pour échapper à la loi de la gravité
découverte par Newton
pour contrebalancer la gravité
sans nom de la misère du monde

Je marche en regardant le ciel

Le Ciel
avec un C qui sait
et un L aile qui élève

Le ciel des eaux du haut
seule certitude en ce monde
qui appartient à tous et à chacun

je marche en regardant le ciel
je collectionne les couchers de soleil
je m’émerveille de la magnificence des couleurs
je me noie dans les bleus de l’azur à l’outremer
je cherche les images dans les nuages
je reçois en cadeau la force de la lumière

je suis
la mouette
la chouette
l’étourneau
la linotte
la bécasse

je suis tous ces noms d’oiseaux
de passage-volage-sans cage-au ramage-sans âge
qui s’envole dans l’Immensité sans ambages
d’un vide au plein sans péage

Confidence sans message :
un jour dans un orage
je m’envolerai sans bagage
et disparaitrai sans mirage
quelques cendres se disperseront sans tapage
loi de la gravité en adage