Tous les articles par Brigitte Deruy

Enchantement

Dans ce paradisiaque écrin de verdure
protégé depuis des millions d’années
par le corps d’une femme allongée
vivre est une sinécure

La flore se pare des couleurs arc en ciel
rappelant à nos esprits insouciants
le mystère troublant du commencement
que ce qui est ici-bas est aussi dans le ciel

Dans les monts plaines et vallées
la diversité des mondes du vivant
par leur chants et cris bruyants
ouvrent nos consciences à la pluralité

Le fini reflète un parfum d’infini
le profond silence nullement troublé
par les chants des oiseaux comblés
invite à une réflexion bénie

Le temps se fige et s’éternise
l’espace devient vertical
abandonnant son sens focal
le mental diverge et s’épuise

Goûter avec un délice joyeux
à l’incommensurable silence
dans une nature en présence
procure un enchantement soyeux

Cher Humain

Je suis un humain
habitant de la terre

je bois l’eau
je respire l’air
le feu me réchauffe et me protège
la terre me nourrit

je suis un humain façonné par l’humus
la terre mère veille

Pourtant Cher Humain
en fin de juillet 2021
nous avons consommé les ressources
que la planète terre nous offre

d’immenses incendies brûlent les forêts
les déserts s’étendent
des cataclysmes détruisent tout sur leur passage
des séismes se préparent
les volcans se réveillent
l’eau bien commun devient un enjeu financier
les guerres se multiplient
des populations en errance cherche des pays d’accueil
une première pandémie mondiale étouffe l’économie
d’autres suivront
appauvrissement et envahissement
entraineront conflits et violence

et pourtant les très riches s’enrichissent
et les politiciens assoient leur autorité

Cher humain
Tu sais tout cela
et que faire diras-tu

Au fond de toi-même Tu ressens
cette nécessité de cesser
de satisfaire le désir immédiat
de consommer autrement
d’être plus solidaire
plus respectueux
d’éveiller ta conscience
à un amour plus grand que toi
un Amour agapé
de compassion et de lumière
et combattre les forces de l’ombre

Cher Humain
Tu penses que mes propos bien naïfs
n’empêcheront
ni le chaos ni les guerres civiles
et Tu as raison
ce qui doit arriver adviendra
nous devons toujours mourir pour renaître

Mon intention définit un après
une nouvelle épiphanie
pour recommencer un autre cycle
dans le respect de la terre mère
dans le respect de tout ce qui vit
et des énergies offertes

Cher Humain
cessons nos rêves d’hubris
taisons nos égos dévastateurs
nos vies sont si courtes
cherchons le partage
la parole des grands sages
héritière de l’unus mundus
nous guide et éclaire

A la marge de la page

« Il n’y a de vies que dans les marges »
Honoré de Balzac

J’ai toujours aimé la marge
celle des cahiers des enfants
tracée en rouge déterminant une séparation
réservée aux écrits de l’enseignant

La marge est l’espace vierge
lieu de la réflexion
enrichie de la méditation
lieu de la création

Mettre une marge autour de soi
c’est se protéger de l’oppression
l’espace de liberté de respiration
avant une éventuelle action

La marge est l’espace lucide du silence
elle tient la page
et devient marge de sécurité
quand la page s’encage

Les nuits sont les marges du jour
où le mental s’abandonne
où les rêves invitent
aux mystères des transgressions marginales