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Révélation

« Ce n’est pas en regardant la lumière qu’on devient lumineux,
mais en plongeant dans son obscurité » Carl Gustav Jung.

Par le dragon
terrassé
je me tais

Par le mystère
éprouvé
je me terre

Dans la grotte
enfermé
je me soumets

Dans la nuit
ébaubi
je me purifie 

Au cœur de la vie         
du fond de l’obscur
une voix m’induit

J’entends la source 
son chant murmure 
le mantra du dévoilement

La chrysalide qui m’enserre
lentement se craquelle
la lumière à nouveau m’appelle 

Que la magie de l’énergie
de son amour me révèle
pour une sur-vie nouvelle

Métamorphose

« Ce que tu dis, Dis-le à l’intérieur de ce que tu dis. » Laurent Albarracin

Amor fati
accepte ce qui a été…
ouvre ce qui advient

La métamorphose
enlève les vieilles peaux
des mémoires douloureuses

La métamorphose
appelle à organiser la solitude triste
dans l’ouverture

L’amour humain
n’est qu’une parcelle de l’Amour
que cet Amour est dans chaque vie
dans chaque être
dans chaque pierre arbre fleur
ou éphémère papillon aux couleurs vermillon

Le moment vient d’incorporer
Amour
dans chaque cellule du corps
d’inonder le cœur
de rejoindre
l’unité de la Conscience
dans la fusion
l’abandon
la dissolution

Cette métamorphose
efface la solitude triste
une joie intègre émerge

Décalé

« La poésie est faite pour amener la bête humaine à l’anamnèse,
à la réminiscence d’un autre ordre qui existe en elle. » Kathleen Raine

Après un long et long silence dans la mémoire du temps
la vie harponne
et tel un poisson sorti de l’eau
tu reçois le coup de grâce de l’existence.

CRI

Ce cri de vie aux accents d’un râle de mort
laisse le goût âcre
de la peur des sommeils et la crainte des réveils 

De la vie
rejoignant le courant
masse inerte et mouvement lent
hébété et hagard
tu pénètres le flot
t’incorporant aux vivants

Dans la marge éjectée
te retrouves ébaubi
souffle coupé regardant ahuri
le flot des suiveurs et des suivis

Sur les bords
les exclus
quelques lèvres sourient
tu les aimes un instant éperdu

Happé de nouveau
par la nécessité de trouver ta place dans le défilé
cours et te cogne et hurle
et retrouve à nouveau la marge salutaire et solidaire

Décalé tu es né
à la différence il faut t’habituer
quelque part tué déjà tu es

Alors
Sois
Toi

Photo – Carrières de Lumière des Baux-de-Provence
Salvadore Dali