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Qui suis-je ?

Je suis une personne
je suis personne
qui suis-je ?

être
ne pas être
être
qui suis-je ?

un quelqu’Onque
perdu dans l’univers
à la recherche de son ombre

une quelqu’Une
errante sur la terre
à la poursuite de son double

être ne pas être
naître ou ne pas naître
n’être ou n’être pas

qui suis-je ?

tu es ce que tu deviens
deviens ce que tu es

qui suis-je ?

suis-je ce que je deviens
suis-je ce que je suis

une personne
qui est personne

et le Père sonne
écoute ce son intérieur
qui résonne

Alors je me tus

Tu Es car Je Suis

Silence

six lances
pour me taire
pour me faire taire
pour me faire terre
où je repose
silencieux
ci gît en cieux
adieu

 

 

 

Sera-t-il ?

Laisse-toi embarquer par l’Inconnu
là où les repères n’existent plus
deviens cet électron libre
qui vole dans l’espace ivre

Goûte cette sensation d’apesanteur cérébrale
emportée par le cœur de la spirale
laisse-toi bouleverser tanguer
envahir par les idées qui râlent

Perd les repères du temps rationnel
gave-toi en intensité de l’immensité
consens ce moment où la folie te surveille
dans la griserie de tout rejeter

Embrasse cet instant au plus proche de l’intime
commence à assembler autrement
sois ce phénix affranchi des limites
envoûté par l’Amour des commencements

Alors lentement
un acte créatif perce sa coquille
Sera-t-il

 

 

 

 

Croire

Dans le bourg de mon enfance
le cimetière bordait le jardin de la maison
il fut le refuge des heures de solitude

Sur une tombe était inscrit
« Gabriel – 1900 – 1907 – »
j’avais l’âge de cette mort
j’ai adopté Gabriel

Je garnissais sa tombe de fleurs
m’asseyais sur la pierre
racontais sans parler
peurs peines rêves révoltes
il m’écoutait à l’intérieur de moi
séchait mes larmes et souriait
illuminant ma tête et mon cœur
d’une douce présence

J’ai quitté le bourg le jardin et le cimetière
j’ai demandé à Gabriel de devenir
mon ange gardien
il a accepté et veille sur moi
je le sais

Au cours de ma vie
des personnes m’ont confié se sentir protégé
dans leurs yeux je voyais de la lumière

Au bout de cette existence
je constate que la croyance d’être accompagné
conjure la destinée

Suffit-il de croire ?

écrit en 1992